Petit-Couronne : Aurélien Lejeune, l’homme le plus fort de la planète

13/09/2017

Exploit. Aurélien Lejeune est l’un des hommes les plus forts de la planète. Il a établi un nouveau record du monde de soulevé de voiture.

    Plus de 140 kg, 1,83 m. L’homme vient de soulever une voiture de plus de 500 kg à vingt-et-une reprises. Son cœur atteint des pulsations record et les muscles de ses cuisses sont congestionnés, gorgés d’acide lactique. Il demande à ce qu’on l’aide à lui enlever la gaine qui lui maintient le dos et l’abdomen, tellement l’effort qu’il vient de produire est d’une violence inouïe.

    Cet homme, c’est Aurélien Lejeune. À à peine 33 ans, le Petit-Couronnais fait partie des hommes les plus forts du monde, les « strongmen ». Et ce samedi, à Val-de-Reuil (27), il est devenu recordman du monde de soulevé de voiture, lors du « Normandy Throwdown », compétition de crossfit. « Ma motivation ? Celle de devenir l’homme le plus fort du monde, lâche Aurélien. C’est une passion depuis l’enfance. En regardant les compétitions à la télé, je me suis toujours dit que je voulais devenir l’un d’eux. » Alors, il s’entraîne depuis qu’il a 17 ans. « Pas avant. C’est un sport à maturité tardive. Il faut déjà avoir une bonne base musculaire. Et surtout se faire accompagner. » Il franchit les étapes une à une.

    « Être l’homme le plus fort du monde »

    D’abord les premières compétitions en 2008, puis les premiers titres en 2009. Champion de France, d’Europe puis vice-champion du monde de développé-couché, soulevant à bout de bras plus de 120 kg. Ses débuts en compétition d’homme-fort en 2012 sont encourageants, et il passe professionnel en 2015. Les records s’enchaînent, tout comme les déplacements, qui se font de plus en plus lointains. Europe, mais aussi Canada, Martinique. Loin des salaires mirobolants du football professionnel, Aurélien compte sur ses sponsors : « La fédération prend beaucoup de choses en charge quand on passe pro, mais j’ai aussi des personnes qui me suivent et me font confiance depuis des années, et je les en remercie. » C’est qu’à force de mettre son corps à rude épreuve, les carrières sont courtes : « Entre 5 et 10 ans au niveau professionnel. Le but c’est d’être intelligent et pas finir cassé. Il faut savoir s’arrêter, et apprendre à vivre avec les blessures. »

    Lorsqu’on aborde la question du dopage, son regard devient malicieux : « La France a les règles les plus strictes. On est très contrôlés. Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays. Alors on ne joue pas tous avec les mêmes armes. »

    Quelques semaines de repos et notre « strongman » se retrouvera en Martinique pour une manche du championnat du monde, les 20 et 21 octobre à Fort-de-France. Au programme : soulevé de voiture, tronc d’arbre, pneu et, si tout va bien, tractage d’un avion. « J’espère être le premier Français à le faire. » C’est tout ce qu’on peut lui souhaiter.

    source : paris-normandie