Un été au Havre : quatre œuvres pérennisées

10/10/2017

Un Été au Havre. Chef d’orchestre des festivités des 500 ans du Havre, Jean Blaise, le directeur artistique, revient sur cet été pas comme les autres au Havre et porte son regard sur l’avenir de la cité portuaire.

    Le regard rieur derrière ses lunettes à monture épaisse et le sourire tout en fossettes, Jean Blaise n’a rien raté, ce dimanche, du dernier jour d’Un Été au Havre. Il a écouté les commentaires. Observé les visages souriants des visiteurs.

    Qu’allez-vous retenir de ces quatre mois de festivités ?

    « Ce qui me satisfait le plus au final, c’est le retour des Havrais qui est très affectueux. J’ai l’impression d’être Havrais désormais. J’ai la double nationalité ! (rires) Cela me touche beaucoup parce qu’on se dit que l’on a touché juste. On n’a pas fait n’importe quoi. Nous avons essayé d’être sincères. Cette ville, nous l’avons aimée et nous avons monté ce qu’on a aimé chez elle. La voilà ma grande satisfaction. Il y a eu de grandes réussites dans les installations artistiques. Bon, d’accord, on s’est un peu plantés lors de la Magnifik Parade qui n’a pas donné le ton de ce que l’on voulait faire. Même si Art Point M. a fait un superbe travail à Caucriauville, qui ne s’est pas beaucoup vu puisque c’était justement à Caucriauville et seuls ses habitants en ont profité. La parade était ratée mais les concerts étaient bons. Ce sont les aléas des grandes programmations comme celle-ci. Il y a toujours un échec. Je dis toujours : « je vous préviens, la fois prochaine on aura des problèmes ». Parce que c’est toujours le cas. »

    Des œuvres sur-mesure

    L’Altoviseur est en train d’être démonté du dessus de la gare. Quelles sont les œuvres qui vont disparaître ?

    « L’Altoviseur, ça, c’est un échec... Il n’a de valeur que s’il renvoie une image... L’idée c’est de sortir de la gare, lever les yeux et apercevoir la skyline (horizon) de la ville et la mer. Mais ça ne marche pas. Nous travaillons avec un bureau d’études pour trouver le bon miroir car la SNCF serait d’accord pour le conserver s’il fonctionne.

    L’installation de Chiharu Shiota à l’intérieur de l’église Saint-Joseph va disparaître et en même temps on se dit « oh quel dommage ». Il va y avoir un manque même si l’église va retrouver son ambiance et son intégrité. Le temple aux 5 000 vœux de la Bazooka aussi... Mais Annette Haudiquet, conservateur du musée Malraux, m’a dit qu’elle allait peut-être faire quelque chose avec les vœux pour les mettre en scène donc il va y avoir une continuité. Quelque chose va se passer. »

    Et celles qui vont rester ?

    « La catène de conteneurs de Ganivet ! Les Havrais y tiennent vraiment, au point de réclamer sa pérennisation avec un ton parfois plus qu’insistant. Mais on va aussi garder UP#3 de Lang et Baumann sur la plage. »

    Il semblait y avoir des difficultés pourtant à pérenniser ces deux monuments...

    « L’œuvre de Lang et Baumann (NDLR : qui est réalisée avec une armature métallique recouverte de contreplaqué) va devoir être refaite. Nous la reconstruisons totalement en béton. Les artistes souhaitent que ce soit totalement monolithique, que la couleur soit d’un blanc très spécifique afin qu’on ait l’impression d’avoir une brume autour de cette installation. Il y a déjà les fondations pour l’œuvre actuelle. On n’a pas besoin de les conforter.

    La parabole de Caucriauville reste évidemment. Les gens se la sont tout de suite appropriée et ça devient un lieu de rendez-vous qui nous appartient, original et spécifique.

    On est face à des œuvres qui ont une valeur universelle, réalisées par de grands artistes mais elles parlent de nous, de notre ville. Elles ont été faites sur-mesure. »

    D’autres encore ?

    « J’espère aussi que les cabanes vont rester, vraiment. Ça dépend des propriétaires mais nous avons été très surpris, lorsque l’on a monté l’opération de Karel Martens, d’un retour aussi positif de leur part. Certains regrettent d’avoir refusé. Ça va vraiment devenir une marque de la ville. Il ne faut pas oublier ce qu’on nous a demandé de faire, c’est créer de l’attractivité pour cette ville. Cette cité magnifique n’est pas assez reconnue. Il y a un malentendu avec Le Havre que l’on a essayé de lever, montrant à quel point elle est attachante. »

    Qu’avez-vous à répondre à ces Havrais qui veulent « un automne au Havre » ou, plus exactement, maintenir dans le futur la dynamique enclenchée cet été ?

    « Je réponds « oui ! » (rires). »

    source : paris normandie