Un projet de casiers pour les SDF à Rouen et à Caen

13/10/2017

Solidarité. Les SDF pourraient bientôt entreposer leurs affaires à l’abri, grâce à la mise en place de casiers à Rouen, mais aussi à Caen. Une initiative née d’une collaboration entre une association rouennaise, Asar, et un groupe d’étudiants du BTP, tous désireux de porter leur projet à l’échelle de la Normandie.

    L’installation de ces casiers serait une première en France : ils permettraient aux sans domicile fixe de pouvoir déposer leurs affaires et papiers dans un lieu sûr, sans crainte de se les faire voler ou de les retrouver en mauvais état. En fait, tout est parti d’un voyage au Portugal de François Mecheta, président de l’association Asar (Association pour les sans-abri de Rouen et de la Métropole) : « Lors d’une visite à Lisbonne, je suis tombée nez à nez avec ces « vestiaires de rues ». C’est le seul pays d’Europe à avoir mis en place ce projet. Plus que ça, ils ont su intégrer une boîte aux lettres à chacun des vestiaires pour que les SDF puissent disposer d’une adresse postale. Chose malheureusement interdite en France », explique-t-il.

    Après Rouen, Caen

    L’association s’empresse donc de contacter le créateur de ces casiers, Icaf au Portugal, afin de connaître les possibilités en France. Asar, qui compte une quarantaine de membres, souhaite en effet renforcer son activité auprès des sans-abri, pourtant déjà très active à Rouen : maraudes deux fois par semaine, accompagnements personnalisés allant des entrevues médicales aux documents administratifs grâce à leurs partenariats avec la CPAM et la CAF.

    De leur côté, les étudiants de l’ESJDB, à la recherche d’un projet à caractère solidaire dans le cadre de leur formation, sont vite séduits par l’ambition de l’Asar. « Afin d’atteindre notre objectif, nous avons obtenu un financement de 8 000 à 10 000 euros que nous souhaitons, dans premier temps, investir dans la mise en place de ces casiers à Rouen avant de nous tourner vers une nouvelle installation » explique Lidia Tamarelle, déléguée du groupe EB Normandie 12, en charge du projet. Après Rouen, ce serait donc Caen.

    Sur le long terme, les étudiants aimeraient étendre leur projet à d’autres villes normandes - Le Havre, Evreux... - et pourquoi pas le porter à l’échelle nationale. « La France compte de nombreuses infrastructures d’accueil, pas encore assez malheureusement, mais ces structures ne permettent pas forcément aux sans-abri de mettre leurs effets personnels en sécurité. De plus, beaucoup, ne supportent plus de se déplacer avec toutes leurs affaires sur eux. Ces casiers leur assurent une sécurité et une certaine stabilité durant cette difficile période », reprend Lidia.

    Après avoir obtenu plusieurs financements dont un du Lions Club grâce à l’organisation d’un concert, le projet est discuté depuis juin dernier entre l’Asar et la mairie de Rouen concernant le lieu de l’installation. Mais la procédure semble bien compliquée, puisque l’association vient de se voir refuser sa proposition et doit repartir à la recherche d’un nouveau lieu. « Il est primordial d’installer les casiers dans un endroit public, pas très excentré afin d’éviter de créer un sentiment d’exclusion pour les sans-abri et pour que nous puissions garantir une surveillance grâce aux caméras de vidéosurveillance présente dans la ville », explique l’initiateur du projet.

    Pour ce qui est de Caen, Linda Tamarelle se félicite « d’avoir obtenu une aide financière de la fondation abbé Pierre. Néanmoins nous avons besoin, plus que jamais, que les médias parlent de notre projet pour diversifier nos financements et motiver d’autres associations à se tourner vers notre projet, notamment à Caen ».

    source : paris-normandie