Un réchauffement de 2°, ce serait 30% de neige en moins dans les Alpes

17/02/2017

Une hausse de la température mondiale limitée à 2°C, comme le prévoit l’accord de Paris, entraînerait une diminution du manteau neigeux des Alpes de 30 % d’ici la fin du siècle. C’est la conclusion d’une étude publiée jeudi dans la revue The Cryosphere. Une catastrophe pour les stations situées en dessous de 2 500 mètres d’altitude.

    Jusqu’à présent, les scientifiques étaient incertains de l’impact de la hausse des températures sur les chutes de neige dans les Alpes, car la majorité des modèles climatiques y prévoient une légère hausse des précipitations hivernales.Cependant, du fait de la hausse des températures, ce serait les pluies qui deviendraient plus abondantes et pas les chutes de neige.

    Le manteau neigeux recouvrant les Alpes chaque hiver diminuerait ainsi de 30 % d’ici la fin du siècle même si la hausse de la température mondiale est limitée à 2°C, comme le prévoit l’accord de Paris sur le climat. Le manteau de neige alpin va diminuer « mais les futures émissions (de gaz à effet de serre) détermineront de combien, » explique Christophe Marty, l’un des auteurs de l’étude publiée dans la revue The Cryosphere.

    Scénario catastrophe

    Dans le cas où les émissions de gaz à effet de serre ne diminueraient pas, l’épaisseur et l’étendue de ce manteau pourraient se réduire jusqu’à 70 %, avertissent les chercheurs de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches et de l’École polytechnique fédérale de Suisse. Si ce scénario catastrophe se réalisait, seules les stations de ski au-dessus de 2 500 mètres auraient une vraie saison de glisse. Dans les zones situées en dessous de 1 200 mètres, les projections prévoient même qu’il n’y aurait plus de neige en continu sur le sol en hiver.

    « De nombreux villages alpins dépendant fortement du tourisme hivernal, l’économie et les populations de ces régions vont souffrir », écrit Sebastian Schlögl, l’un des auteurs de l’étude. En effet, un quart des stations de ski des Alpes sont entièrement situées en dessous de cette limite, selon le site skiresort.info. Au-delà du tourisme, « des pluies plus importantes en hiver, un manteau neigeux moins important et la disparition des glaciers alpins vont fortement modifier le débit des rivières alpines et leur variation ».

    Source : Ouest France