Dieppe : un auteur « raid dingue de la ville »

14/11/2017

Livre. Franck Balandier, auteur de six romans, a décidé de quitterla région parisienne pour venir vivre au centre-ville de Dieppe.

    Retrouver l’horizon et son ouverture sur la mer, c’est sans doute ce qui a guidé Franck Balandier pour venir poser ses pénates à Dieppe, à l’âge de 66 ans. « Pourtant, ma rencontre avec cette ville avait mal commencé, se rappelle-t-il en riant. Quand j’étais enfant, nous étions venus avec ma classe pour passer une journée à la mer. J’avais à peine quelques sous pour m’acheter une glace sur le bord de mer. Mais quand je l’ai eue en mains, en courant pour rattraper le groupe, elle est tombée... ». Ne retenant pas l’amertume de cette anecdote, et après un week-end il y a quelques mois sur le littoral normand, entre Le Havre, Fécamp et Dieppe, c’est ici qu’il a posé ses valises au début du mois d’octobre. « En fait je suis tombé raide dingue de la ville ».

    Désormais Franck Balandier fait des allers-retours entre Dieppe et Paris où travaille encore son épouse. Mais il a retrouvé ici, dans le cœur historique de la ville, une qualité de silence qu’il ne connaissait plus.

    Une bande-son baroque

    Pour accompagner son écriture qu’il pratique depuis près de trente ans, « j’écris essentiellement la nuit », Franck Balandier fait résonner dans le silence de la musique classique. Au point que son dernier roman Gazoline tango paru à la fin du mois d’août chez Le Castor Astral, se décline non pas en chapitres mais en dix partitions, essentiellement des morceaux de Jean-Sébastien Bach.

    « Je suis incapable d’écouter du rock quand j’écris. J’ai besoin qu’il n’y ait pas de paroles. C’est ainsi qu’est née la bande-son en quelque sorte de Gazoline tango », dont l’univers pourtant nous fait plonger dans une cité de banlieue indéfinie de la région parisienne dans les années 80, où naît un groupe de rock féminin, les Naked Tits, et dont on suit le parcours ainsi que ceux de leurs voisins et amis.

    Enfant des années 80

    Dans cette ambiance un peu grise de la Cité des peintres, le héros principal du roman, Benjamin, est d’abord un enfant souffrant d’hyperacousie, un casque de chantier vissé sur la tête, qui explore les limites de son quartier, sans jamais franchir les limites du périph’, et apprend la vie dans cette ambiance « no future » propre aux années 80.

    On y croise notamment un curé à la dérive dans une église désertée, une mémé trafiquante en bande organisée, de petits caïds de banlieue, quelques junkies overdosés, une jeune mère dépassée par les événements de la maternité, un entraîneur de natation bâti comme Tarzan et quelques jolies filles.

    « Benjamin, le héros, est né en 1983 comme mon fils. C’était une manière pour moi de rendre hommage à cette génération empreinte de gravité ».

    L’enfant devenu adulte a réussi à vivre avec son handicap, à faire de ses faiblesses une force, à devenir un homme sage jusqu’à l’ultime pirouette du destin qui se dénoue dans les dernières pages du roman.

    Franck Balandier définit son livre comme « un roman social ». Il sera ravi de rencontrer ses lecteurs dieppois prochainement lors d’une séance de dédicace à la librairie la Grande Ourse.

    Infos pratiques

    Gazoline Tango, Le Castor Astral, 278 pages, 19 €.

    source : paris-normandie