Girls in Hawaii : les garçons sont de retour !

05/12/2017

Il y a trois ans, le gang belge, auteur d’une discographie impeccable en 15 ans, brillait à Rouen par un show semi-acoustique et intime. Ils reviennent demain, tous synthés dehors, avec leur nouvel album, « Nocturne ».

    Moitié du duo de compositeurs ayant fait de Girls in Hawaii l’un des plus éminents ambassadeurs de la pop belge, Lionel Vancauwenberghe en rigole : à ses débuts, il n’aurait pas parié sur une telle durée de vie de son groupe, aujourd’hui 15 ans au compteur. Alors que sort « Nocturne », quatrième album poursuivant la veine synthétique de son prédécesseur (« Everest », en 2013), le guitariste rappelle une vérité fondamentale : un groupe, c’est avant tout « une bande de couillons qui décide de s’amuser avec des instruments ».

    Quel souvenir gardez-vous de cette tournée acoustique qui a vous a déjà emmené au 106 ? L’expérience (immortalisée par un album live, « Hello Strange ») a-t-elle joué dans l’élaboration de « Nocturne » ?

    Lionel Vancauwenberghe : « On a adoré cette tournée, c’était un truc très émotionnel auquel on ne s’attendait pas trop. Au départ on voulait juste prolonger la tournée d’« Everest » en se trouvant un prétexte, mais il s’avère qu’on y a mis plus de choses que prévu. On pensait d’ailleurs que notre prochain disque serait très proche de cette démarche, avec ce côté très épuré, mais finalement nous sommes retournés vers ce qu’on avait fait avant. Il nous est arrivé ce qu’on n’avait pas vraiment planifié. Je pense qu’on avait besoin de finir le travail accompli sur « Everest ». On lui a donné comme un happy end, « Nocturne » a un côté un peu plus léger. »

    Votre musique n’en reste pas moins toujours aussi mélancolique.

    « Pour moi, cela reste vraiment notre matière première, oui. C’est une mine d’or dans laquelle tu peux sans cesse creuser. Quelque chose de triste que tu rends plus léger, plus poétique... C’est vraiment un sentiment à deux facettes. »

    Vous avez affirmé que cet album s’était fait très facilement. Mais c’est peut-être aussi le moins évident à écouter.

    « En fait, ce qu’on voulait instaurer, c’était un rythme d’écoute assez lent, assez exigeant. Ce n’est pas pour rien qu’on commence sur « This Light », un titre où il n’y a pas de parole pendant près de deux minutes. On avait envie d’un travail d’orfèvre, d’une architecture de sons, de blocs qui s’imbriquent les uns dans les autres. C’est un disque qui raconte vraiment quelque chose pour nous, du point de vue cosmétique, esthétique. Plusieurs personnes nous ont dit qu’une fois passée la barrière, c’était vraiment un super trip ! »

    Dès qu’un groupe de rock triture les synthés, on évoque Radiohead. Vous vous méfiez de ce type de compliment ?

    « Non, pas du tout. C’est un groupe qui nous a influencés, oui. Doucement, c’est aussi une influence que tu peux un peu plus revendiquer, car depuis le temps qu’ils existent, elle commence à être digérée. Mais certains nous disent aussi qu’ils entendent du Pink Floyd. Pour ma part, je n’ai pensé ni à l’un ni à l’autre en faisant ce disque. J’écoutais beaucoup de Kraftwerk, Jacno... »

    Girls in Hawaii

    Au 106, à Rouen, mercredi 6 décembre à 20 h. Tarifs : de 15 € à 24 €.

    source : paris-normandie par Thomas Dubois