Rubis Terminal mécène d’une exposition de photos du port de Rouen

19/12/2017

Grâce au mécénat de l’entreprise Rubis Terminal, le grand photographe néerlandais Geert Goiris propose au Frac Normandie Rouen une série de clichés sur douze sites dont Rouen.

    Avec des temps de pose très longs de plusieurs heures parfois, et toujours en version argentique, le photographe hollandais Geert Goiris a développé une esthétique étrange et picturale à la fois, où l’apparent réalisme des clichés cache toujours une image beaucoup plus complexe. Son surréalisme à lui, le photographe l’a mis au service d’une commande de Rubis Mécénat et du Frac Normandie Rouen qui lui a permis de voyager sur douze sites européens de l’entreprise Rubis Terminal (leader indépendant dans le stockage de produits pétroliers, chimiques, agroalimentaires et des engrais) dont Rouen. C’est au Frac que sont actuellement exposées ses photos sous l’intitulé « Peak Oil ».

    En attendant la tortue

    À travers beaucoup de moyens formats la plupart du temps en couleur et quelques wallpapers en noir et blanc, l’artiste entraîne le visiteur à la croisée du reportage et de l’abstraction, du regard scientifique et de la poésie romantique. Ou comment trois combinaisons jaunes déposées au vestiaire évoquent tout à coup dans ce lieu anonyme et banal un voyage sur une autre planète. Saisissante est cette incroyable illusion d’optique créée par une bâche zébrée de lumière sur de la terre ou du charbon (?) qui de loin fait surtout penser aux aurores boréales.

    Si loin, si près : l’esthétique de Geert Goiris - qu’il qualifie d’abstraite - laisse peu de place à l’humain dans ces images. À y regarder de plus près, ce qui frappe c’est la densité, l’épaisseur qui se cache derrière les reflets d’un pilier dans la Seine, le phare d’une draisine, ou des flaques d’huile sur le sol. Un rendu sans retouches, des traces laissées par les acteurs de ces lieux.

    L’artiste phare de la scène belge (remarqué à la Biennale d’art contemporain Manifesta en 2003 pour ses photos au Spitzberg) déjà exposé au Frac en 2016 est un explorateur des paysages, de tous les paysages.. Les plus inaccessibles et fascinants comme les plus anodins, en apparence.

    « Ce qui est fascinant là, c’est le fait que l’industrie est un des fondements de nos sociétés contemporaines, et qu’en terme de représentation, on est soit dans la publicité, soit dans l’activisme qui dénonce. Moi je me situe au milieu, dans un environnement caché et artificiel où les gens sont saturés de responsabilité et où un vêtement de sécurité peut évoquer un peu de la science-fiction ! »

    L’exposition au Frac Normandie Rouen s’accompagne de l’installation (pour le moment suspendue à cause des intempéries) sur un réservoir de Rubis Terminal de la photo géante d’une tortue Sulcata, animal fossile endurant capable de s’adapter aux changements environnementaux que lui inflige l’homme, emblème de longévité et de stabilité. Tout un symbole.

    Peak oil

    Au Frac de Normandie Rouen jusqu’au 14 janvier. Entrée libre du mercredi au dimanche de 13 h 30 à 18 h 30. Tel 02 35 72 27 51.

    source : paris-normandie