Tatouage : quelles précautions prendre ?

15/09/2017

    La folie des tatouages connaît un essor constant depuis les années soixante-dix. Tandis qu’une enquête de 2010 estimait que 10 % de la population française avait succombé à ce phénomène, une nouvelle étude Ifop publiée en début d’année pour le Syndicat national des artistes tatoueurs révèle que sept millions de personnes sont dorénavant tatouées, soit 14 % des citoyens majeurs. Mais avant de trop vite céder à la mode, il convient de prendre certaines précautions.

    L’hygiène, gage de bonne santé

    Le premier danger lorsqu’on se fait tatouer, c’est de contracter une infection, depuis la plus petite fi èvre jusqu’au virus de l’hépatite ou du sida. En cause, un matériel non stérile, une aiguille réutilisée, une encre contaminée par des bactéries et autres gants sales. C’est d’ailleurs pour cette raison que la législation française impose des règles d’hygiène draconiennes aux tatoueurs, passant par une formation dédiée et une déclaration d’activité en préfecture.

    Pour éviter de vous retrouver avec de l’eczéma ou pire, il est donc impératif de choisir soigneusement le professionnel. Au-delà de son style, assurez-vous qu’il travaille dans les règles de l’art en recourant au bouche-à-oreille, en trouvant des échos sur les forums et en effectuant un repérage dans son salon de tatouage.

    Rappelons que lors de la séance, le tatoueur doit installer un champ stérile en papier sur la table, préparer la zone concernée avec un antiseptique, utiliser des gants et prendre des aiguilles stérilisées et à usage unique. Il faut ensuite suivre scrupuleusement ses consignes de soins.

    Bon à savoir : il n’est pas rare de ressentir des démangeaisons et rougeurs après un tatouage. Mais si ces effets ne disparaissent pas en quelques semaines, consultez un médecin.

    Les allergies bien réelles

    Si, grâce à ces précautions, les risques de développer une infection sont minimes, certaines personnes peuvent cependant faire des réactions allergiques à l’encre du tatouage. La zone concernée devient alors dure, douloureuse et peut provoquer de fortes démangeaisons. Pire, ces effets indésirables peuvent survenir immédiatement ou des mois, voire des années plus tard !

    Selon une étude parue en 2015 dans la revue Contact Dermatitis, près de 10 % des adeptes déclenchent une réaction allergique, plus ou moins importante. Sans que les spécialistes sachent pourquoi, l’encre rouge et ses dérivés que sont le rose et le violet sont la cause de 44 % des réactions cutanées, contre 25 % pour le noir, ces deux couleurs étant les plus utilisées. Bien que ces désagréments ne puissent pas être anticipés, mieux vaut donc être en bonne santé et ne pas souffrir de problèmes de peau particuliers pour transformer son corps en oeuvre d’art. De même, il ne faut surtout pas recouvrir un grain de beauté avec un motif, sous peine de masquer un éventuel mélanome.

    Des encres douteuses

    Dernier souci potentiel : la composition des pigments utilisés. Un rapport de 2016 commandé par la Commission européenne a en effet révélé que certaines encres commercialisées sur le marché européen pouvaient contenir des métaux lourds, des amines aromatiques et des molécules toxiques apparaissant une fois le dessin gravé et pouvant migrer dans le corps via le système lymphatique. Un risque encore insuffisamment documenté mais qui pourrait en tout cas inciter à ne pas recouvrir tout son corps de tatouages...

    Précisons toutefois que la législation française est encore plus stricte que celle imposée par l’Union européenne. Non seulement elle interdit toute une palette de substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, mais aussi les ingrédients déjà bannis dans les cosmétiques. Cette liste est enfin régulièrement actualisée en fonction des progrès de la recherche, des tests en laboratoire et des signalements d’effets indésirables par les particuliers et les professionnels. En tout état de cause, le plus gros risque que vous prenez en vous faisant tatouer, c’est de le regretter plus tard !

    Gare aux modes

    Si des décennies de pratique et d’encadrement permettent de limiter les risques liés aux tatouages, ce n’est pas le cas pour les nouvelles tendances :

    - l’encre dans l’oeil : depuis sept ans, les tatouages de l’oeil sont en plein essor aux États-Unis. Or, cette pratique est non seulement irréversible mais aussi très dangereuse puisque, si le produit est mal injecté, il peut provoquer une perte de vision défi nitive et des douleurs chroniques.

    - le tatouage fl uorescent : autre tendance en vogue outre-Atlantique, l’encre réagissant aux UV fait fureur. Problème : les risques sanitaires sont encore inconnus, raison pour laquelle c’est interdit en France.

    Alors que 14 % de la population majeure française arbore désormais un tatouage, cette encre injectée sous la peau comporte certains dangers qu’il ne faut pas négliger. On fait le point.

    Pourquoi les tatouages ne s’effacent-ils pas ?

    Les tatouages ne s’effacent pas naturellement même celui que vous avez fait faire quand vous étiez ado pour montrer votre côté rebelle et même celui avec le prénom de votre ex !

    L’encre, composée de pigments minéraux, est introduite dans votre peau grâce à un dermographe. Cet appareil muni d’aiguilles va fi xer les pigments sous l’épiderme (première couche de la peau), en fait entre l’épiderme et le derme (seconde couche de la peau, la troisième étant l’hypoderme). Si l’encre était simplement sur l’épiderme, elle s’effacerait lorsque celui-ci se renouvelle.

    Le tatouage est visible grâce à la transparence de l’épiderme.

    Dès que les pigments entrent en contact avec la peau, des macrophages (du grec « gros mangeur »), cellules ayant une mission de défense immunitaire, entrent en scène.

    Ces cellules tentent de détruire les pigments du tatouage mais elles ne parviendront qu’à les estomper durant les quelques jours suivant le tatouage. Les pigments se fixeront alors tranquillement pour le reste de votre vie !